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 Les chiffonniers du Caire

Exposition en faveur des chiffonniers du Caire

26 Avril 2010, 10:14am

Publié par Les chiffonniers du Caire

EVENEMENT - Exposition en faveur des chiffonniers...

En 1971, Soeur Emmanuelle, âgée de 62 ans, décida de rejoindre les chiffonniers d'Ezbet El Nakhl (quartier au nord du Caire), qu'elle ne quittera qu'en 1982, pour aller dans un autre bidonville : Le Mokkattam

Photos AEEN - Les chiffonniers du Caire, une triste célébrité... et le plasticien venu de France, Aldo Parvillez, et ses oeuvres

Bien des années plus tard, en 1999, une expatriée française, Hélène Sibiril, issue du milieu paramédical, décide de venir en aide à ces chiffonniers d'Ezbet El Nakhl, en apportant son aide au Dr Adel, lors de ses consultations. Ainsi, une fois par semaine, par le métro, elle se rend dans leur quartier. Touchée par leur accueil et leur gentillesse, elle décide de regrouper autour d'elle des expatriées françaises afin d'apprendre aux femmes, les notions élémentaires d'hygiène pour elles et leurs enfants.

En 2004, une association loi 1901, est fondée en France par Hélène Sibiril, afin d'apporter une légitimité à ce groupe, promouvoir son travail et obtenir ainsi des aides en toute légalité.
Aujourd'hui, forte d'une centaine de membres dont une vingtaine sur le terrain, l'AEEN continue son action et chaque mardi 6 à 8 bénévoles se rendent dans ce quartier où l'association a organisé des cours pratiques pour la toilette des bébés. 

Les mamans y sont formées afin de devenir autonomes. Chaque enfant qui participe, reçoit un don de vêtements neufs et les vêtements donnés par la communauté française sont distribués moyennant un prix symbolique.

Les Amis d'Ezbet El Nakhl organisent une exposition de peintures pour réaliser une collecte de fonds au profit des chiffonniers. Ces fonds serviront à la création d'un centre culturel dans le quartier afin d'y instruire et cultiver les enfants qui sans cela seront victimes, leurs vies durant de ce manque vital. Le Sunrise Rotary Club parraine l'opération qui s'étalera du 9 au 19 mai 2010 à la Bibliothèque Suzanne Moubarak d'Héliopolis.

Qui est le peintre partenaire de cette généreuse opération ?
Aldo Parvillez, Français résidant dans les Vosges, se joint, par son talent et sa propre générosité, à l'équipe et lui prépare une vingtaine de toiles qui seront vendues au profit de l'association.
Le parcours de cet artiste est peu classique mais son succès atteste de ses qualités picturales comme humaines. Travaillant dans l'audiovisuel, il devient peintre par hasard. Lors d'un déménagement, le fait de trouver une gigantesque quantité de pots de peintures le pousse à réaliser sa première toile. Celle-ci lui fera prendre goût à cet art pour lequel il n'a pas suivi d'études particulières si ce n'est une formation de 3 mois aux Beaux Arts. Il pense, comme beaucoup d'autres artistes, que la formation n'est pas obligatoire et peut être remplacée par une bonne dose d'introspection.

N'étant pas dans la représentation, ses œuvres sont une véritable auberge espagnole, on y trouve ce qu'on y amène. Même si la souffrance et la douleur participent toujours à la création, il affirme ne pas vouloir en faire de trop. Simple, clair et lucide, il évoque son inspiration en parlant de plagiat par anticipation, d'oulipisme. "Il est difficile de faire simple, et même si je n'ai pas l'impression d'aller mal, peindre est une thérapie qui nous permet de compenser quelque chose. Je ne porte pas la souffrance du monde mais nous sommes tous dans la réparation."

Pourquoi les clous ?
Il y a une cohérence dans les clous, sans âge, commun, utile, cette cohérence interpelle le maître et le rend inclassable et permet de démystifier le mythe de l'artiste. Aldo Parvillez assume que "les artistes ne sont que le moyen de faire. L'art est futilité".

Rendez-vous à l'exposition où se faire plaisir fera plaisir à d'autres dont les besoins sont incommensurables.

F. de MARTINO (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) lundi 26 avril 2010

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