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  • : Blog dédiés aux chiffonniers du Caire. Mokkattam.

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Samedi 14 novembre 2009
http://eso.cnrs.fr/TELECHARGEMENTS/colloques/rennes_11_08/Florin_Benedicte.pdf


L

 

ES ÉBOUEURS DU CAIRE FACE À LA PRIVATISATION DU SYSTÈME DE

COLLECTE DES ORDURES

 

:

MOBILISATION COLLECTIVE

 

, STRATÉGIES DAJUSTEMENT

ET NOUVELLES PRATIQUES SPATIALES

B

 

ÉNÉDICTE FLORIN

CITERES

 

-EMAM

Par Les chiffonniers du Caire - Publié dans : vie des chiffonniers - Communauté : Les amis des chiffonniers
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Vendredi 13 novembre 2009

EGYPTE: L'abattage des porcs affecte les moyens de subsistance

LE CAIRE, 27 octobre 2009 (IRIN) - En mai 2009, la décision du gouvernement égyptien d'abattre tous les porcs du pays - dans le but annoncé d'enrayer la propagation de la grippe H1N1 2009 - a affecté le gagne-pain de 70 000 anciens éleveurs porcins et collecteurs d'ordures informels et leurs familles dans la région du Caire, selon l'ONG locale Association pour la protection de l'environnement.


Les collecteurs d'ordures, qu'on appelle là-bas les « zabalins », revendaient la majeure partie des déchets organiques collectés aux éleveurs porcins. Dans l'agglomération du Caire, ces deux groupes marginalisés entretenaient une relation symbiotique.
« Avant, je ramassais chaque jour 1 000 kilos de déchets pour les éleveurs porcins, et pour les recycler et les vendre aux usines », a dit Nabil Abu Mazin, un collecteur d'ordures. Il habite al-Muqattem, une banlieue du Caire aussi connue sous le nom de « Garbage City » (la ville des ordures). « Maintenant, je ramasse environ 150 kilos par jour parce que les éleveurs n'ont plus de travail ».
Selon les estimations, il y avait auparavant en Égypte quelque 300 000 porcs, élevés principalement dans la région du Grand-Caire. Selon le ministère de l'Agriculture, il a fallu environ un mois pour achever l'abattage, bien que des rumeurs affirment que de nombreux porcs ont été cachés.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a longtemps mis en doute le lien entre les porcs et le virus H1N1, et de nombreux experts de la santé ont critiqué la décision du gouvernement.
Selon l'OMS, l'Égypte a enregistré 1 053 cas confirmés de grippe H1N1 et deux décès.
Parmi la minorité chrétienne d'Égypte, certains considèrent la décision du gouvernement comme une attaque envers leur communauté, qui, selon CIA World Factbook, compte pour environ 10 pour cent des 80 millions d'habitants du pays.

Changement de tactique
Le gouvernement affirme aujourd'hui que l'abattage des porcs était une mesure de santé publique.
Le ministre de l'Agriculture, Amin Abaza, a indiqué aux médias que le gouvernement planifiait de « se débarrasser des porcs depuis trois ans », et que la pandémie grippale (H1N1) était l'occasion de le faire. Il a également ajouté que l'abattage permettait de s'assurer qu'aucune nouvelle souche de H1N1 et de grippe aviaire n'apparaisse.
Selon les informations diffusées par les médias et la plupart des Égyptiens interrogés par IRIN, la population était, dans l'ensemble, favorable à cette mesure, car elle considérait comme non hygiéniques les porcs et leur élevage dans le Grand-Caire. Toutefois, maintenant que des tas d'ordures pourrissent dans les rues, certains plaident pour le retour des zabalins qui, selon diverses études comme celle publiée en 2004 par l'ONG WASTE, étaient responsables de la collecte d'environ la moitié des déchets du Caire.
Les experts de la santé s'inquiètent de l'apparition potentielle de maladies infectieuses.

Conséquences sur l'éducation

Depuis l'abattage, il y a six mois, M. Abu Mazin n'envoie que deux de ses cinq enfants à l'école. Il n'a plus les moyens de payer pour les autres. Pendant les heures de cours, IRIN a vu des centaines d'enfants courir dans les rues jonchées de déchets d'al-Muqattem, un fief chrétien copte situé en périphérie du Caire.
« Environ 50 pour cent de nos enfants ont abandonné l'école dans les derniers mois et environ 75 pour cent des hommes sont maintenant au chômage », a dit Karim Aweida, un ancien éleveur porcin, à IRIN. Il a ajouté qu'il avait dû se défaire de 10 de ses douze employés parce qu'il n'y avait plus assez de travail.
M. Aweida a reçu du gouvernement une compensation financière située entre neuf et 45 dollars pour chaque porc abattu, dépendant de sa taille. Avant l'abattage, il vendait ses porcs entre 45 et 146 dollars.
Les éleveurs porcins locaux estiment à quelque 3 000 le nombre de fermes porcines situées au Caire et aux alentours. Certaines élevaient jusqu'à 2 000 porcs.

Pas de compensation pour les zabalins
Contrairement aux éleveurs, les zabalins n'ont reçu aucune compensation.
D'après M. Abu Mazin, les zabalins laissent maintenant les déchets organiques traîner dans les rues du Caire parce qu'ils ne trouvent pas d'acheteurs. Ils ramassent uniquement des articles qui peuvent être vendus facilement ou collectent les déchets de ceux qui les payent directement.
Dans les quartiers les plus pauvres comme celui d'Imbaba, dans le gouvernorat de Gizeh [qui fait partie du Grand-Caire], les déchets s'accumulent maintenant dans les rues. Lorsqu'ils paient leur facture d'électricité, les résidents déboursent pourtant trois livres égyptiennes (0,5 dollar) par mois pour la collecte municipale des ordures. Les entreprises commerciales paient quant à elles 25 livres (4,5 dollars) par mois.
Un conflit entre les autorités municipales de Gizeh et une entreprise italienne engagée pour collecter les ordures vient en outre s'ajouter au problème.
« La police nous harcèle continuellement lorsque nous essayons de collecter les ordures parce que nous n'avons pas d'autorisation pour le faire. Ils ont promis qu'ils nous accorderaient les autorisations nécessaires, mais nous attendons toujours », a indiqué M. Abu Mazin.
Les ministères de la Santé, de l'Agriculture et de l'Environnement ont également promis de construire de nouvelles fermes à l'extérieur de la ville pour que ceux qui ont perdu leur gagne-pain puissent reprendre l'élevage de porcs, de moutons, de chèvres et de bétail. Aucun délai n'a cependant été fixé pour le projet, et la plupart des zabalins sont sceptiques.
« Le gouvernement... nous a promis de nouvelles fermes. Nous attendons toujours, mais notre espoir [s'effrite] de jour en jour », a indiqué Tareg, un ancien éleveur porcin de la zone Batni Baqarah, dans le Caire copte, qui a refusé de donner son patronyme par crainte qu'on lui refuse une ferme.

Source: http://www.libnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=543:egypte-labattage-des-porcs-affecte-les-moyens-de-subsistance-&catid=51:liborient&Itemid=86

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Vendredi 13 novembre 2009
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Vendredi 13 novembre 2009
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Vendredi 6 novembre 2009

La situation des chiffonniers s'est complexifiée ces derniers temps.
L'abattage des porcs à ouvert la brèche sur un profond problème qui ronge l'Egypte : la gestion de ses ordures.
Installés depuis plus d'un demi siècle au Mokkattam, les chiffonniers ont participé au nettoyage des rues de la capitale. En silence, à l'écart sur la colline du Mokkattam. Une vraie communauté s'est formée, accueillant au fil des années les migrants du sud de l''Egypte, venant les rejoindre faute de ne plus pouvoir cultiver leurs terres.
Installés sur des terrains n'appartenant à personne et pour lesquels le gouvernement n'a jamais rien dit, ils ont peu à peu construit leurs maisons, écoles, hôpital. Les ONG et l'église locale y sont pour beaucoup car elles leur ont fourni une aide significative au développement.
Communauté à part, marché parallèle, les chiffonniers ont sût créer leur place à quelques kilomètres de la capitale.

Mais l'explosion démographique du Caire a  très vite rendue cette présence, mitoyenne de la mégapole qui s'étend aujourd'hui, au dessus et autour du quartier des chiffonniers, plus visible.

Etouffés dans un quartier où l’eau et l’électricité ont tardés à venir, les voilà au pied de la colline, rendue célèbre à cause de multiples effondrements, et où beaucoup ont trouvés la mort.

Un quartier résidentiel a vu le jour ces dernières années sur le haut de la colline. Un centre culturel au pied de la colline est né récemment. Certains parlent même d’un projet d’implantation pour une bourse internationale à deux pas de chez eux.


Les terrains qu’ils occupent sont aussi l’objet de toute les convoitises. En effet, l’Etat réfléchi à un projet d’urbanisme qui pourrait permettre l’extension de la capitale sur ces terrains. Mais voilà, ce sont plus de 20 000 personnes qui vivent là, depuis des années…

Malgré la grippe aviaire qui a en premier touchée l’Egypte, ce fut ensuite la crise qui les a frappé de plein fouet.

Mais entre deux, c’est aussi toute la redistribution du marché de ramassage des ordures par le gouvernement qui les a le plus secoué. En effet, ce dernier a confié à des entreprises étrangères, le soin de nettoyer la ville.

Il faut savoir qu’au Caire, deux phénomènes jouent un grand rôle dans ce contexte.

Tout d’abord la notion d’urbanisme n’a pas été prise en compte. En effet, les ruelles étroites du Caire, ne permettent pas aux machines d’effectuer les ramassages dans les ruelles étroites. Alors que les chiffonniers, eux, s’annoncent dans ces ruelles afin que les habitants leurs confient leurs détritus.

Pour pallier à ce problème, le gouvernement a commencé à imposer des taxes d’ordures ménagères et a voulu initier les habitants à un comportement de citoyen responsable, leur demandant de déposer leurs ordures dans les grandes artères. Mais cette éducation ne peut se faire en quelques semaines, mois. N’ayant déployé aucun programme d’accompagnement face à ce deuxième phénomène, le gouvernement se heurte à un échec.

 

Pour couronner le tout, la gestion de ces sociétés de nettoyage s’est révélée être extrêmement compliquée. L’une d’entre elle est même en litige avec le gouvernement actuellement.

 

En ce qui concerne la situation de nos chiffonniers, celle-ci s’est aggravée en mai dernier lorsque sous couvert de mesures sanitaires, le gouvernement décide de l’abattage de tous les porcs des chiffonniers afin d’éviter la propagation du virus H1N1.

 

Elément principal du recyclage effectué par les chiffonniers, le cochon est une «  main d’œuvre » qui aide à l’élimination des déchets organiques récupérés lors de leurs ramassage.

Dernièrement, suite à leurs disparitions, quelques-uns ont commencé à mettre en place des systèmes de biogaz, transformant les déchets en énergie…. Mais ce n’est là qu’une luciole de reconversion. Beaucoup sont encore sous le choc. C’est un  vrai deuil pour les chiffonniers… Au delà de la perte financière que représente l’animal, c’est tout leur système de recyclage qui est mis à mal et donc leur survie.

 

La première réponse des familles à cette crise a été de déscolariser certains enfants car les frais étaient trop lourds à supporter pour plusieurs enfants. C’est une véritable catastrophe, un recul terrible en matière de promotion de droits de l’homme et de l’enfant.

 

Mais malgré les appels de l’ONU et de l’OMS affirmant au gouvernement que les cochons ne sont pas le cœur du problème, celui ci n’a rien voulu entendre.

 

Au delà des cochons, il est vrai qu’une épidémie dans un pays en difficulté économique comme l’Egypte le conduirait à la ruine.

 

Avec 80 millions d’habitants l’Egypte risque telle d’être engloutie par une «  nouvelle plaie d’Egypte » ?
Même la proposition du gouvernement faite aux chiffonniers de leur offrir une ferme à quelques kilomètres du Caire n'a pu les satsisfaire.

Si vous voulez apporter votre soutien aux chiffonniers du Caire rejoignez le groupe sur Facebook, lien ci-dessous.

 

Karima KOUIDRI

 

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