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 Les chiffonniers du Caire

“Sœur Emmanuelle avait l’attitude d’une sainte”

12 Janvier 2010, 09:59am

Publié par Les chiffonniers du Caire

Sylvain Augier : “sœur Emmanuelle avait l’attitude d’une sainte”


Dans un livre, l’animateur de télé Sylvain Augier met en parallèle son cheminement et celui de sœur Emmanuelle, dont il était proche.
Comment avez-vous rencontré sœur Emmanuelle ?
“En 1993, nous avons fait une émission radio en direct des locaux d’ASMAE (Association sœur Emmanuelle) avec sœur Emmanuelle.”
Qu’est-ce qui vous a, tout de suite, fasciné chez elle ?
“Son intelligence, son altruisme, sa générosité, sa bonne humeur, son sourire, sa gouaille, sa joie de vivre, sa pêche.”
Pourquoi aviez-vous le sentiment d’avoir rencontré une sainte ?
“Sœur Emmanuelle se donnait sans compter pour faire le bien des autres. Elle a scolarisé et sauvé des milliers d’enfants de la faim. Elle disait : “Je n’ai pas 2 ou 3 enfants, j’en ai 20 000 à nourrir”. Je trouve qu’elle avait l’attitude d’une sainte.”
Avez-vous continué à la rencontrer ?
“Nous nous sommes vus régulièrement dans le cadre d’émissions de radio ou de télévision. Au fur et à mesure de nos rencontres, nous nous sommes rapprochés. Elle est venue plusieurs fois chez moi et je suis allé, à plusieurs reprises, la voir dans sa maison de retraite dans le Var. Nous sommes devenus amis. Elle me tutoyait et moi je l’appelais par son prénom, Madeleine.”
Qu’avez-vous appris à son contact ?
“Elle a profondément changé ma façon de voir la vie. Après mon grave accident de parapente, je me suis posé beaucoup de questions. En la rencontrant, j’ai compris que le sens de mon existence était de donner de l’amour. Elle m’a fait comprendre que si on sourit aux autres, si on sourit à la vie, la vie vous sourit.”
Sa foi était contagieuse, avez-vous attrapé le virus ?
“Sœur Emmanuelle a ranimé en moi la flamme de la foi qui s’était quelque peu éteinte et qui se trouve au fond de chacun d’entre nous, pour peu qu’on veuille bien la chercher. Elle m’a fait comprendre que Dieu existait si on se donnait un peu la peine de le faire exister dans sa vie quotidienne.”
Pourquoi a-t-elle souhaité entrer au noviciat ?
“C’est très simple. À l’âge de 6 ans, elle a vu son père se noyer devant ses yeux dans la mer du Nord. Ce jour-là, elle a compris que le “bonheur se noie” comme elle disait et qu’elle ne pouvait donner son amour qu’à un être absolu qui ne pouvait être que Dieu et non à un être humain mortel. C’est de là qu’est partie sa vocation.”
Paradoxalement, elle trouvait plus dur de vivre en Europe qu’en Egypte…
“Elle estimait qu’il y avait une joie de vivre plus grande chez les chiffonniers du Caire que chez nous. Elle avait l’impression qu’on faisait toujours grise mine. Et cela l’étonnait !”
En quoi, selon elle, était-il plus difficile d’avoir la foi de nos jours qu’à son époque ?
“A l’époque où elle a pris le voile, il y avait peut-être plus de naïveté qu’il y en a de nos jours dans la société. Aujourd’hui, l’homme cherche à tout expliquer, à tout comprendre.”
Votre livre s’appelle “Le doute et la foi”. De quoi doutez-vous ? De l’existence de Dieu ?
“Forcément comme n’importe quel être humain. Elle aussi doutait. Elle était de la philosophie de Pascal qui disait : “On a tout à gagner à croire et tout à perdre à ne pas croire.” Alors croyons, qu’a-t-on à perdre ? Un jour, je lui ai demandé : “Peut-on croire en Dieu ?”. Elle m’a répondu : “Je ne te demande pas d’y croire, je te propose de le vivre”.”
Était-elle optimiste pour l’avenir de notre société ?
“Pour que la terre devienne un paradis, il fallait selon elle que les hommes s’aiment les uns les autres. Pour y parvenir, elle estimait qu’il fallait se battre. Elle avait conscience de la difficulté de cette tâche.”
Sa présence vous manque-t-elle ?
“Énormément. J’aimerais décrocher mon téléphone et l’appeler. Comme ce n’est pas possible, je la prie. Je prie en pensant à elle et je lui demande de prier pour moi.”
Propos recueillis par Benoît de Villeneuve



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