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 Les chiffonniers du Caire

Découvrir ce monde... des chiffonniers

13 Février 2011, 11:35am

Publié par Les chiffonniers du Caire

LE JOUR OÙ...
A L’ESSENTIEL

Marie-Christine Blandin est loin de penser qu’en partant pour l’Égypte ces vacances de Pâques 1987, elle va vivre une aventure humaine bouleversante.
Le voyage touristique n’en sera pas un.
Et ne fera que renforcer l’engagement politique de celle qui deviendra cinq ans plus tard la première présidente d’un conseil régional, celui du Nord - Pas-de-Calais.

PAR CHRISTIAN CANIVEZ
Endireplus@lavoixdunord.fr PHOTO PATRICK JAMES
Il démarrait drôlement ce voyage en Égypte. Deux ans que sa copine lui demandait de venir la voir et ça commençait par un rendez-vous manqué à l’aéroport.
Nous sommes en 1987. Et pour ses vacances de Pâques, Marie-Christine Blandin, professeur de sciences naturelles à Saint-Pol-sur-Ternoise, a décidé d’aller voir les pyramides. Une belle occasion de retrouver une ancienne collègue, devenue universitaire au Caire.
« On s’est loupés à l’arrivée. J’avais pris un charter, il était 3 h du matin. Un taxi m’a embarquée et a fait un grand détour pour me montrer les pyramides de nuit. » Ce sera la seule concession aux catalogues touristiques. Très vite, le voyage va prendre un autre tour.
« Mon amie a dû partir pour le Sinaï. Elle m’a laissé ses clés et sa maison. » La semaine aurait pu s’écouler tranquillement à visiter la capitale égyptienne et les sites antiques. Sauf que Marie-Christine Blandin est une écolo dans l’âme, passionnée par le traitement des déchets.

Interdit aux touristes
« J’ai voulu aller voir les bidonvilles. Le mari de la femme de ménage de mon amie était taximan. Au début, il ne voulait pas m’y emmener, il me disait que c’était interdit d’emmener des touristes là-bas. C’est tabou les bidonvilles. J’ai insisté. Le lendemain matin, ce monsieur a démonté ses plaques d’immatriculation, pour ne pas que la police le repère, et m’a emmenée à l’Est du Caire. Il m’a déposée et est très vite reparti. Il avait peur.
 » Sur une falaise gigantesque, dans un nuage de poussières permanent, près de 200 000 « zabbalines », les chiffonniers du Caire, survivent en triant les déchets des 15 millions d’habitants de la capitale.
« En arrivant, je me suis fait indiquer la direction du dispensaire que l’association Asmae, créée par soeur Emmanuelle, avait ouvert dans le bidonville. » C’est là, dans un coin du local tenu par les religieuses, que Marie-Christine installe son sac de couchage. Elle va y passer toutes ses vacances.
« Ça a démarré fort. On me propose à boire. J’accepte. Un petit garçon file dans le tas de déchets voisin et avec un crochet en ressort une bouteille de Coca. ». Voilà qui donnait le ton.
Et la militante écologiste n’est pas au bout de ses surprises. « Je partais tous les jours dans le bidonville, avec mon appareil photo.
Quelqu’un m’accompagnait à chaque fois. Le bidonville est très organisé, par quartiers, avec des ateliers de transformation des déchets : métaux, bois, verre… J’ai vu des bouteilles de bière transformées en vaisselle vendue dans les souks du Caire à des touristes qui sont loin d’imaginer d’où cela venait  ! » Dans ce ghetto misérable peuplé majoritairement de chrétiens coptes et d’animistes victimes de l’exode rural, la voyageuse assiste à des scènes violentes.
Comme ce jour où, assistant à un accouchement, on jette le cordon ombilical dans une cour où il est aussitôt dévoré par des rats.
Mais il y a des souvenirs plus réjouissants : « Les religieuses travaillant avec soeur Emmanuelle se battaient pour dissuader les parents de mettre au travail les enfants les plus jeunes. Elles voulaient en profiter pour les éduquer un peu. Elles les avaient équipés de petits tabliers d’écoliers, ils étaient adorables. » Au bout d’une semaine à rencontrer, à observer, à mieux connaître « ce qu’aucun livre de géographie ne nous apprend », Marie-Christine Blandin doit rentrer en France.
« On ne sort pas indemne d’une telle expérience. On sort indignée. C’est la pauvreté, mais aussi l’exclusion, qui interpelle. Avec le sentiment d’un immense et indécent gâchis chez nous. Pour moi, il y a clairement eu un avant et un après. » Ces lieux qu’elle dit « damnés », la femme politique qu’elle est devenue ne les a pas oubliés. « Je n’ai pas le temps actuellement, mais, oui, j’aimerais y retourner. » Et de glisser avec malice : « Et je n’irai pas avec un avion de la présidence égyptienne !
 »  •

Commenter cet article

JMG 10/07/2011 11:21


Bonjour,
Je trouve votre experience remarquable! Je suis actuelement en Egypte pour creer un projet de societe pour aider ces personnes. Je serai heureux de pouvoir echanger des informations sur celui-ci.


Les chiffonniers du Caire 13/07/2011 17:30



Bonjour


 


Vous pouvez prendre contact sur place avec l'APE au bidonville du Mokkatam à Manshiat Nasr


voici leur site : http://www.ape-egypt.com/ bon courage