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 Les chiffonniers du Caire

Coptes d'Egypte : situation tendue

18 Janvier 2010, 15:27pm

Publié par Les chiffonniers du Caire

Ils s'insurgent contre l'absence de poursuites contre les auteurs de violences à leur encontre.La semaine dernière, une fusillade a fait sept morts à la sortie d'une église.

Le Caire.De notre correspondant

 

« Ce crime haineux doit agir comme un signal d'alarme. » À l'instar de Hossam Bahgat, directeur de l'une des principales ONG indépendantes de défense des droits de l'homme du Caire, des voix s'élèvent dans la société civile égyptienne pour exiger que l'État agisse enfin face aux violences confessionnelles.

Il y a dix jours, une fusillade a fait sept morts à la sortie d'une église chrétienne, à Nagaa Hammadi, dans le sud du pays. Les trois assaillants présumés ont été interpellés et sont interrogés.

« Le silence de l'État »

Cette attaque, la plus meurtrière des dix dernières années, est venue raviver les inquiétudes et le sentiment d'isolement des coptes, qui représentent entre 8 et 10 % de la population égyptienne. La cohabitation entre cette minorité chrétienne et la majorité musulmane est le plus souvent pacifique. Mais, sur fond de radicalisation religieuse depuis les années 1970, les tensions s'accroissent.

Le pays, en particulier le sud, est régulièrement le théâtre d'affrontements qui, s'ils trouvent souvent leur origine dans des affaires où la frontière est floue entre conflits de clans et querelles religieuses, dégénèrent parfois en heurts entre communautés.

« Ces violences sont de plus en plus fréquentes », observe Hossam Bahgat, qui pointe « l'échec continu des différents services de l'État à les prévenir ou à y répondre de manière adéquate ». « C'est très grave pour la communauté chrétienne, mais aussi pour tout le pays. Il y a un problème confessionnel en Égypte, un problème non avoué », renchérit Madiha Doss.

Cette universitaire participait, samedi, à une manifestation du nouveau « Comité national contre la violence confessionnelle ». Sous des banderoles où se côtoyaient symboliquement le croissant islamique et la croix chrétienne, intellectuels, militants des droits de l'homme et simples citoyens des deux confessions s'étaient réunis au Caire pour réclamer une réponse judiciaire sérieuse à ces violences où généralement l'impunité prévaut. Ils dénonçaient aussi « le silence de l'État » et sa « passivité » face à la montée des tensions interreligieuses.

Le régime égyptien est régulièrement accusé de nier, au nom de l'unité nationale, le caractère confessionnel des violences. Dans l'affaire de Nagaa Hammadi, des responsables ont ainsi souligné, dans un premier temps, qu'il ne s'agissait pas de violence intercommunautaire, mais d'un incident isolé. Le discours officiel a toutefois évolué au fil des jours, et une commission parlementaire a été créée, lundi, pour enquêter sur cette tuerie.

 

 

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