Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
 Les chiffonniers du Caire

La mise à l'écart des chiffonniers : conscequences pour le Caire

25 Août 2009, 11:47am

Publié par Les chiffonniers du Caire

Hygiène. L’amoncellement des ordures dans les rues de la capitale est devenu un spectacle courant. Responsables et sociétés privées se renvoient la balle, alors que les éboueurs reprochent au gouvernement l’abattage de leurs porcs.

Paysage désolant

Le quartier de Moqattam, autrefois huppé, offre aujourd’hui à ses habitants et visiteurs un tableau désolant. Une insalubrité mêlée d’une odeur nauséabonde est désormais un trait caractéristique de ce quartier. Des tas d’immondices jonchent le sol, tout près des bennes débordantes installées un peu partout au long de la rue principale. Les habitants, de leur côté, sont forcés de se débarrasser de leurs déchets ménagers en les déversant sur le trottoir. « Nous en avons assez. Nous vivons une situation déplorable. Moqattam, réputé être un quartier chic et propre, est envahi par les mouches et toutes sortes d’insectes à cause de ces déchets qui s’entassent dans les rues », lance Nesrine Amine, mère de trois enfants dont l’une est atteinte d’allergie. Elle se demande pourquoi les habitants doivent payer deux fois les frais de ramassage des ordures. « Je paye 8 L.E. qui sont incluses dans la facture d’électricité, et 5 L.E. à un éboueur qui vient quotidiennement collecter les ordures ménagères », se plaint-elle.

En fait, Moqattam n’est qu’un exemple frappant parmi tant d’autres qui illustre l’aggravation du problème de la collecte des ordures qui frappe la quasi-totalité des quartiers de la capitale.

Depuis 2005, les habitants du Caire payent les frais de propreté sur la facture d’électricité. Une somme qui est ensuite déboursée aux sociétés privées chargées de la collecte des ordures. Les frais diffèrent d’un quartier à l’autre, allant de 3 à 15 L.E. pour les habitations, et parfois au-delà des 20 L.E. pour les magasins et les échoppes. En outre, les habitants doivent verser une somme mensuelle (souvent entre 3 et 5 L.E.) pour les éboueurs qui ramassent les ordures ménagères. Mais comme l’indiquent les rues de Moqattam et de la plupart des quartiers de la capitale, cette double facture ne suffit pas pour mettre un terme au problème chronique des ordures. Les plaintes des habitants sont, elles aussi, chroniques.

Ce phénomène s’est beaucoup aggravé depuis deux mois, plus précisément en mai, lorsque le gouvernement a pris la décision d’abattre le cheptel porcin pour « éviter une propagation de la grippe porcine ». L’abattage des porcs a eu pour résultat direct l’accumulation de tonnes de déchets ménagers qui leur servaient de nourriture. L’Egypte produit quotidiennement 55 000 tonnes de déchets, dont 15 000 tonnes sont produites au Caire. « Après la décision d’abattre les porcs, nous continuons à ramasser les ordures des maisons en échange d’une somme d’argent. C’est devenu notre seul gagne-pain », explique Hussein, un éboueur. Comme beaucoup de ceux qui font ce travail, Hussein élevait des porcs qui se nourrissaient sur les ordures et qui représentaient pour lui un « capital » unique. Mais comme c’est le seul métier qu’ils ont appris à faire, la plupart des éboueurs continuent à travailler, quoique dans une autre optique. « Aujourd’hui, au lieu de transporter les ordures vers Manchiyet Nasser, où on est établi, je suis contraint de les jeter dans les bennes publiques après avoir pris les matières solides que je revends aux entreprises de recyclage », souligne Hussein, dont la famille aurait perdu une centaine de porcs.  

Responsabilité des sociétés de propreté

Mais, pour les responsables de l’Organisme de la propreté, le problème n’est que très partiellement lié à la décision d’abattre les porcs. Pour eux, il s’agit avant tout d’un laxisme de la part des sociétés de propreté.

Dans une tentative de régler un problème insurmontable, qui date de bien avant l’abattage des porcs, le gouvernorat du Caire avait confié en 2002 le nettoyage des rues à deux sociétés privées. Les responsables avaient alors promis une « capitale plus propre et une solution définitive au problème des ordures ».

« Les contrats conclus avec ces entreprises comportent des lacunes, notamment en ce qui concerne le nombre des employés et les jours de congé », souligne Hassan Abou-Ahmad, responsable au sein de l’organisme. A titre indicatif, ces sociétés emploient 70 éboueurs pour 7 quartiers, dont le quartier très peuplé de Choubra. Un nombre estimé très insuffisant. « D’autre part, explique Abou-Ahmad, la plupart des travailleurs prennent leur week-end le vendredi, ce qui provoque une accumulation des ordures ».

Deux mois après l’abattage des porcs, les responsables du gouvernorat du Caire ont commencé à réaliser l’ampleur du problème, sûrement grâce au nombre de plaintes qu’ils avaient reçues. Une réunion a été organisée avec les sociétés spécialisées dans la collecte des ordures pour discuter des nouveaux moyens à adopter face à la grogne des éboueurs. Des questions comme l’augmentation du nombre de travailleurs et par conséquent, des frais de propreté ont été abordés. En outre, le gouverneur Abdel-Azim Wazir a décidé la création d’une unité de contrôle pour surveiller la performance de ces sociétés.

« Il n’est pas facile d’augmenter notre budget sans que cela ne représente une charge supplémentaire pour les citoyens. Une politique équilibrée pour trouver un juste milieu est encore à l’étude », confie le responsable de l’organisme.

Héba Nasreddine

source :http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/8/19/enqu0.htm
 

Commenter cet article

Jean-Séraphim 04/09/2009 11:49

Bonjour;

à mon avis, il ne s'agit pas du quartier Moquattam mais plutôt de Maadi... surtout si l'on parle de en terme de quartier hupé